COMMUNAUTÉ PAROISSIALE DE LA SAINTE TRINITÉ

Présentation de l’icône de la Trinité de Saint-Léger

 

L’icône de la Trinité de Roublev, peinte entre 1422 et 1429, est probablement une des plus connues en Occident… mais savons-nous seulement la lire ? Car il s’agit de la lire, comme nous lisons une page d’évangile. « Dans les Eglises d’Orient, l’icône a un rôle et un statut bien précis dans la liturgie. Elle n’est pas représentation, mais présence (…) Elle rend présent quelque chose de la beauté de Dieu » (Jean-Noël Bezançon)

Quelle est donc cette beauté, à laquelle le moine Andreï Roublev veut nous introduire ?

Je vous propose quelques mots-clés :

Hospitalité

L’icône à l’origine s’appelle « l’hospitalité d’Abraham », car elle représente les anges de Mambré, à qui Abraham sert le meilleur de son troupeau. En genèse 18, on voit Abraham veiller : c’est lui qui aperçoit les visiteurs en premiers et les invite :

Pour accueillir Dieu, il faut un cœur disponible et aussi ouvert à l’inattendu, car combien est inattendue la Bonne nouvelle qui suit. Sarah sera mère et Abraham père d’une multitude selon la promesse divine.

Trinité

« L’innovation » d’Andrei Roublev sera de retirer de la représentation traditionnelle les personnages d’Abraham et de Sarah, pour tout recentrer sur les trois visiteurs. 3 anges, comme à Mambré, mais aussi 3 personnes qui ont un même visage et des attributs très différents.

Un même visage, un même vêtement bleu, symbole de divinité : Dieu est Un, comme le proclame déjà le sh‘ma Israël.

Et chacun son vêtement et son attribut pour signifier la différence des personnes : Père, Fils et Saint Esprit :

  • Le Père porte un vêtement rose, aérien : il est invisible aux yeux des hommes, seul le Christ le contemple. Sa main droite qui bénit et la couleur du vêtement – le rose de la joie – rappelle le plan de Dieu pour nous : le bonheur. (Dt 30, 19)
    Derrière lui, le Temple ou encore la Maison du Père qui nous accueille tous (Jn 14, 22)
  • Le Fils est reconnaissable à la bande jaune sur son épaule (le clave) qui, dans l’empire romain, est la marque du messager : celui qui porte/ incarne la bonne nouvelle. Sur les icônes, seuls le portent le Christ et les apôtres qu’il envoie à la pentecôte, pour poursuivre sa mission. Le jaune est le même que celui des ailes des anges, messagers eux aussi : c’est la couleur de la lumière : Dieu est Lumière. Son vêtement pourpre est symbole à la fois d’incarnation, de la passion et de sa royauté.
    Sa main droite désigne la coupe, rappel de l’offrande du repas qu’Abraham fait aux 3 voyageurs, mais aussi dans la perspective trinitaire, la prière de Jésus à Gethsémani (Lc 22, 42), ainsi que l’institution de l’eucharistie, mémoire de sa mort et de sa résurrection.
    Au-dessus du Christ se trouve l’arbre de vie, qui, dans le récit de la Genèse, symbolise le don de la vie éternelle (Gn 3,9), un don offert gratuitement, par amour, en surabondance. La tradition dit aussi que la croix a été faite dans le bois de cet arbre. Par sa mort, Jésus nous donne la Vie.
  • L’Esprit est revêtu d’un manteau vert, couleur à la fois du monde présent et de l’espérance : la vie qui renait, à l’image des feuillages printaniers. C’est le même vert que celui du sol : le vert de la terre, où nous sommes. L’Esprit est celui qui est toujours avec nous, Le Paraclet annoncé dans Jean ((Jn 14,15-17)
    Au-dessus de lui, une montagne, lieu de la manifestation divine ; Notons simplement sa forme improbable, qui la rend vivante comme une vague…. Et dans la montagne une grotte, rappel de la fente du rocher dans laquelle Dieu a caché Moise, pour passer devant lui ( Ex 33, 18ss), mais aussi la caverne dans laquelle Elie passe la nuit à l’horeb avant sa rencontre avec Dieu et enfin, la grotte de la nativité : Trois lieux où Dieu se laisse voir par les hommes.

L’image reprend la profession de foi que nous faisons lorsque nous nous signons : « Par ce geste nous nous revêtons de la puissance créatrice de Dieu, au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit »

Regards

Le Fils contemple le Père, le Père regarde L’Esprit qui regarde la coupe et le monde : mouvement de parfaite communion entre les trois personnages et auquel nous qui regardons sommes directement reliés.

Positionnement

Les trois personnages ont la même taille, ce qui sur une icône symbolise leur égale importance.
Toutes sortes de figures ont été tracées pour expliquer la construction de cette icône. Ne retenons que :

  • Le cercle dans lequel sont inscrits les trois anges : figure de la perfection, de l’éternité. Ce symbole associé au ciel, dans la culture antique nous dit aussi la fluidité totale de relation entre le Père, le Fils et l’Esprit et l’invitation faite à celui qui contemple à entrer dans cette perfection de relation.
  • La coupe : c’est le centre de la composition, point focal renforcé par le fait que les corps du Père et de l’Esprit dessinent autour d’elle une autre coupe. La table qui la porte est en forme d’autel (dessus blanc), mais aussi de tombeau (symbolisé par la petite fenêtre de pierre que l’on retrouve sur les tombeaux hébreux anciens). Celui qui est représenté au-dessus de l’autel ; c’est le Christ, légèrement plus haut que le Père et l’Esprit : c’est parce qu’Il s’abaisse jusqu’à la mort qu’il est élevé, nous dit l’Ecriture, et qu’il nous ouvre la vie éternelle. C’est aussi par le don du Père et la célébration par L’Esprit. Chacun des trois est offrant, offrande et action de grâce.

Il y aurait encore beaucoup à raconter, mais puissent ces quelques facettes venir éclairer votre prière devant cette icône signe de la belle mission de votre paroisse de la Trinité : rendre Dieu présent au cœur du monde.

Véronique Guirimand

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