Histoire de l’église Saint-Léger

Bien que l’église Saint-Léger ait été construite au xxe siècle, son origine est très ancienne et remonte au début du Moyen Âge.

ÉGLISE SAINT-LEGER-EN-LAYE

Prieuré d’Hennemont

Au VIIème siècle, un hameau se construit, en haut du val du ru de Buzot, autour d’une chapelle, dédiée à saint Léger, élevée par le roi mérovingien Thierry III en réparation du martyre de ce saint, évêque d’Autun en 678.

► A partir de 980, la paroisse Saint-Léger est citée dans les textes : Ie curé est nommé par l’abbé du couvent Saint-Magloire à Paris.

► En 1305, Philippe Le Bel accorde à Perrenelle de Géry, pour services rendus à sa mère, un domaine assis au sommet d’un mamelon séparant Chambourcy de Saint Léger. Ce domaine devient le prieuré d’Hennemont où Perrenelle se retire. Prieuré qui compte une communauté de 20 moines.

Plus tard, le prieuré obtient le droit de nommer les curés de Saint-Léger-en-Laye.

La paroisse s’étendait alors dans la vallée de Buzot et confinait à celles d’Aupec, Mareil, Fourqueux, Chambourcy. Elle relevait du diocèse de Chartres. L’église était située au bord du plateau (actuellement Villa Campan).

Au cours des guerres civiles et religieuses des XV-XVIIème, la région subit de grandes dévastations.

Vers un renouveau

► 1662 Restauration du prieuré (quelques religieux)

► 1778-1779 Restauration de l’église Saint-Léger-en-Laye.

Gravure de 1774 représentant la première église Saint-Léger

Malheureusement, la paroisse voit sa population décroître au cours des décennies; seulement 37 foyers sont recensés en 1789, il y a un « exode » vers la paroisse Saint-Germain où on est exempt de Ia taille.

La révolution

► 1789-1794 Pendant les tourmentes de la Révolution française, la paroisse Saint-Léger est supprimée par l’arrêté du 1er pluviôse an II (20 janvier 1794) pour être rattachée à Saint-Germain-en-Laye et apporter à cette ville un grand nombre de terres agricoles et de vignes. Le curé donne les vases sacrés à la République.

L’église Saint-Léger, le presbytère et les dépendances sont vendus comme biens nationaux puis l’église est ensuite démantelée puis rasée.

LA MAISON VERTE

► De 1859 à 1867 Une propriété de 13 ha (Fonds Saint Léger) est constituée progressivement par A. Duval (lndustriel en alimentaire).

► En 1892, le domaine est acheté par Ia comte de Pange qui y mène grand train de vie avec 12 employés au service de la famille, 3 chevaux, une sellerie, 2 voitures…

Le domaine comprend :

– le château (presbytère)

– les communs : (le tribunal d’instance)

– un grand parc : entre Ie boulevard de la Paix, ruelle Nicot, rue de Bergette, et rue Jean Jaurès.

Le parc est couvert de bosquets, rocailles, pelouses … avec des jardins sur le flanc nord (rue Raymond Vidal) et un logement des jardiniers (rue de Bergette).

Deux grandes pièces d’eau s’étendent au fond du vallon, alimentées par le Ru de Buzot et des sources locales (actuellement Jardin aux oiseaux et début de Ia rue Saint-Léger). On y voit des carpes, des canards, un cygne…

La gestion de l’eau est très élaborée : déversoir du ru, pompage vers réservoir élevé, cascades …

► En 1913, le comte meurt, le domaine est vendu par Ia comtesse (morte en 1934) à son neveu le duc de Caraman.

A partir de cette année, la Maison verte n’est plus habitée en continu et le parc n’est plus entretenu. Celui-ci devient un lieu d’aventure pour les scouts, les curieux, les enfants du quartier (en particulier les pièces d’eau).

EN ATTENDANT LA FUTURE PAROISSE SAINT-LEGER

► En 1949, voici ce qu’écrit le père Thivollier (en 1998) « la partie du domaine de 4 ha avec 2 grandes maisons d’habitation a été achetée le 1″‘ juin 1949 par l’association Repos-Détente et Loisirs au grand Air que j’ai personnellement constituée pour y faire un entrepôt de matériel pour mon équipe de missionnaires en caravanes et aussi un centre de rencontre de jeunes, retraites etc... »

► En 1958, « les activités des missions en caravanes ont pris fin et j’ai remis la Maison verte à mon institut des Fils de la Charité lequel l’a vendue à l’Association diocésaine de Versailles pour y faire un centre paroissial. »

► De 1953 à 1955 Le reste de la propriété de la Maison verte est acquis par la ville de Saint-Germain-en-Laye pour lotissements.

CONSTRUCTIOIN DE L’EGLISE

La construction est confiée aux architectes MM Hourlier et Gury.

► Le 8 novembre 1959 : date de la pose de la première pierre par Mgr Renard.

Construit sur un plan triangulaire, couvert par une charpente apparente de grande portée, le bâtiment est d’une ligne sobre et moderne.

Les vitraux, exécutés en résine colorée par le maitre verrier Petit, dosent lumière et couleur.

► Le 17 septembre 1961, la bénédiction solennelle est donnée par Mgr Gufflet, ancien curé de Saint-Germain qui est à l’origine de la paroisse Saint-Léger.

Dès cette époque, une activité paroissiale se met en place avec I’appui des prêtres de Saint-Germain-en-Laye : messes dans les communs puis au presbytère, équipe liturgique, catéchèse…

► La paroisse Saint-Léger est érigée en 1962 (Jacques Pénicaud est le premier curé)

► L’autel, réalisé par M. Gury, est consacré le 31 mars 1968 par Mgr Simmoneaux.

Vie de saint Léger (patron de la paroisse)

Statue de saint Léger

Né en 616, Léger est issu d’une famille franque de Burgondie, famille noble et puissante. Il est neveu de Dido, évêque de Poitiers. Il est orphelin très jeune, il est élevé à la cour sur le désir de la reine Bathilde, femme de Clovis II.

Diacre à 20 ans, il sera bientôt l’archidiacre de son oncle administrant les biens de son diocèse. Il fût promu abbé du monastère de Saint-Maixent en Poitou, pendant 6 ans sous la règle de Saint Benoît.

La reine Bathilde, veuve, le fait venir à la cour, il y sera conseiller des princes, l’avocat des faibles ; un modèle parfait dans tous ses devoirs.

Vers 663, Bathilde le pria d’accepter le siège épiscopal d’Autun en Bourgogne. Des divisions déchiraient le diocèse. Léger rétablit l’ordre, répara la cathédrale, secourut les pauvres et encouragea les monastères.

Léger, évêque, était dépositaire de l’enseignement de l’Eglise et devait le garder dans sa pureté, en des temps difficiles, des conflits opposaient la Neustrie, le nord de la France, l’Austrasie au nord-est et la Burgondie au centre et à l’est.

Evêque zélé, il devint bientôt très en vue. Avec le souci de la liberté de l’Eglise ; il défendit les intérêts politiques de sa religion et de fit le champion de l’autonomie de la Burgondie au VII ème siècle.

Le maire du palais de Neustrie, Ebroïn, devint alors son ennemi personnel sous Childéric II, prince d’Austrasie. Ebroïn est expédié dans le monastère de Luxeuil, dans les Vosges. Bientôt, Léger, compromis par des jalousies sera lui aussi exilé à Luxeuil.

A la mort de Childéric II, assassiné à 25 ans, les disgraciés rentrèrent chacun dans leur pays. Léger regagne l’évêché d’Autun, accueilli avec joie. Ebroïn redevint puissant et profite de la situation pour essayer de chasser tous les grands, laïcs ou gens d’Eglise. Il envoie une petite armée pour attaquer Autun et s’empare de l’évêque Léger.

Léger réunit son peuple à la cathédrale, donne ses derniers conseils pour éviter des massacres et épargner la ville. Il donne sa vie pour son troupeau et va se livrer lui-même à ses ennemis.

Son supplice : ses ennemis lui arrachèrent les yeux, accusé d’avoir trempé dans le meurtre de Childéric, on lui coupa une partie de la langue et les lèvres. Il fut déclaré  indigne de la prêtrise et condamné à mort au synode de Villeroy dans l’Yonne, certain disent dans la région de Marly.

Il fut interné chez les religieuses de Fécamp  pendant 2 ans.

Il sera décapité dans une forêt du Nord près d’Arras, le 2 ou 3 octobre 678 ou 680 ? Ebroïn, plus tard, fut assassiné à son tour.

Une assemblée d’évêques déclara Léger martyre.


Cet article a été rédigé à partir du livre des 40 ans de la paroisse Saint-Léger en 2002 que vous pouvez consulter ici:

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