COMMUNAUTÉ PAROISSIALE DE LA SAINTE TRINITÉ

Porter une parole d’Espérance en Yvelines

« Que le Dieu de l’espérance vous remplisse de toute joie
et de paix dans la foi, afin que vous débordiez d’espérance
par la puissance de l’Esprit Saint ! » Rm 15, 13

Lettre pastorale aux communautés catholiques des Yvelines en préparation du Jubilé 2025

Luc Crepy
Évêque de Versailles

La vie de l’Église est rythmée par des temps forts qui nous invitent à approfondir notre foi, à raviver notre charité et à témoigner de notre espérance. Ainsi, chaque année, la liturgie trace un chemin où nous célébrons les grands évènements – les grands mystères – de notre foi. De même, depuis l’an 1300, toutes les 25 années, les communautés chrétiennes du monde entier fêtent un grand Jubilé, c’est-à-dire s’engagent dans un chemin de conversion, de pardon et de partage tout au long d’une année sainte. Ainsi, en 2025, notre diocèse vivra, avec toute l’Église, la grande et belle expérience d’une année jubilaire, placée par le pape François sous le signe de l’espé­rance : « Nous devons garder allumée la flamme de l’espérance qui nous a été donnée, et tout faire pour que chacun retrouve la force et la certitude de regarder l’avenir avec un esprit ouvert, un cœur confiant et une intelligence clairvoyante. Le prochain Jubilé pourra favoriser grandement la recomposition d’un climat d’espérance et de confiance, comme signe d’une renaissance renouvelée dont nous ressentons tous l’urgence. C’est pourquoi j’ai choisi comme thème Pèlerins d’espérance.(1)»

Notre diocèse se prépare à vivre pleinement cette année jubilaire qui s’ouvrira le 29 décembre prochain. Depuis plusieurs mois, une équipe diocésaine de préparation du Jubilé s’est mise en place et trace peu à peu le chemin que nous essaierons de mettre en œuvre ensemble dans les paroisses et, plus large­ment, dans le diocèse. Cette année sera jalonnée de diverses étapes dont le point culminant est un grand rassemblement diocésain, en la fête de l’Ascension, le 29 mai 2025.

Avant d’entrer dans cette année jubilaire, je souhaite partager avec vous une brève réflexion sur l’espé­rance, en essayant de poser un regard sur la vie de notre diocèse. Réalité riche, difficile et centrale de la vie baptismale, l’espérance demeure une question souvent oubliée dans notre société, bien qu’espérer fasse partie du vocabulaire ordinaire de chacun. Osons aussi constater, plus d’un siècle après Charles Péguy, que, dans nos propres communautés, « la petite fille espérance ne va pas de soi » alors que pour ses deux grandes sœurs – la foi et la charité – la réalité semble plus simple (2). Dit autrement, il nous faut sans cesse entendre et répondre à l’appel de l’apôtre Pierre : « Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous. » (1 P 3, 15)

Bien des enseignements des papes et des réflexions des théologiens (3) abordent la troisième vertu théologale – l’espérance – et cette année jubilaire peut être l’occasion, à l’écoute de l’Esprit Saint, de prendre le temps de lire et de réfléchir personnellement et avec d’autres – par exemple en paroisse –, en s’interrogeant : « Comment sommes-nous témoins d’espérance ? » Ainsi, cette lettre pastorale a l’ambi­tion d’apporter, modestement, quelques jalons afin de préparer notre entrée dans l’année jubilaire et devenir ces témoins porteurs d’une parole d’espérance dans les Yvelines.

Témoins de quelle espérance ?

Jésus, le Crucifié ressuscité : fondement de l’espérance chrétienne

Pour commencer, allons à l’essentiel : c’est la mort et la résurrection de Jésus le Christ, au cœur de notre foi, qui fondent l’espérance chrétienne. La foi chrétienne vit de la résurrection du Christ crucifié et l’espérance chrétienne est ancrée dans l’avenir ouvert définitivement par le Ressuscité.

Les premiers chrétiens ont perçu la nouveauté et la force de l’espérance qui naît de l’évènement de la résurrection. Paul le rappelle clairement aux chrétiens d’Éphèse, issus du paganisme : « Vous n’aviez pas d’espérance et, dans le monde, vous étiez sans Dieu. » (Ep 2, 12) Forts de cette espérance si nouvelle et si surprenante pour le monde antique – comme pour le nôtre aujourd’hui –, les premières communautés chrétiennes ont traversé avec confiance les temps si difficiles, mais si féconds, de la naissance de l’Église, comme saint Paul s’en fait l’écho auprès de celle de Thessalonique : « Frères, nous ne voulons pas vous laisser dans l’ignorance au sujet de ceux qui se sont endormis dans la mort ; il ne faut pas que vous soyez abattus comme les autres, qui n’ont pas d’espérance. Jésus, nous le croyons, est mort et ressuscité ; de même, nous le croyons aussi, ceux qui se sont endormis, Dieu, par Jésus, les emmènera avec lui. » (1 Th 4, 13-14). Et le pape Benoît XVI de commenter : « Apparaît comme élément caractéristique des chrétiens le fait qu’ils ont un avenir : ce n’est pas qu’ils sachent dans les détails ce qui les attend, mais ils savent de manière générale que leur vie ne finit pas dans le néant. C’est seulement lorsque l’avenir est assuré en tant que réalité positive que le présent devient aussi vivable […] L’Évangile n’est pas uniquement une communication d’éléments que l’on peut connaître, mais une communication qui produit des faits et qui change la vie. La porte obscure du temps, de l’avenir, a été ouverte toute grande. Celui qui a l’espérance vit différemment ; une vie nouvelle lui a déjà été donnée. (4) »

Ainsi, depuis 2000 ans, l’espérance chrétienne demeure vive, à chaque génération, pour ceux et celles qui découvrent la présence du Crucifié ressuscité, comme, aujourd’hui, les nombreux catéchumènes qui font grandir nos communautés. L’espérance chrétienne, c’est la vie en Dieu qui a triomphé de la mort et du mal, une vie nouvelle – une vie pour toujours – à laquelle tous sont appelés. Cette espérance, avec l’aide de l’Esprit Saint, est source de force, d’amour et de discernement (cf. 2 Tm 1, 7).

De la Croix à la Résurrection : le chemin de l’espérance offert à tous

Dieu ne désespère pas de l’humanité : il a envoyé son Fils unique, Jésus le Christ qui offre, par sa Croix et sa Résurrection, une espérance nouvelle à toute personne. Cette espérance n’est le fruit ni du cœur des hommes, ni de la raison humaine, elle nous est donnée par le Crucifié ressuscité lorsqu’il révèle définitivement au monde combien est grand l’amour de Dieu. Dans la crucifixion de Jésus de Nazareth – Dieu fait homme – sont combattus le mal, la haine, l’injustice, la violence du monde. Rien ne permet de dire, face à la croix, que l’espérance chrétienne se déploie dans l’illusion ou la consolation facile… Non, rien ! Regardons la Croix qui n’efface pas la présence du mal et du péché, ne retire ni les guerres, ni les atrocités qui hantent l’histoire humaine, n’enlève pas les espoirs à jamais tus. Regardons Celui qui y meurt en demandant au Père de pardonner à ses bourreaux, faible lueur déjà d’une possible espérance…

Alors que toute espérance semblait définitivement close comme le tombeau où reposait le corps de Jésus, ou comme le désespoir de Marie-Madeleine errant dans le jardin au petit matin (Jn 20, 11-13), le Christ est ressuscité ! La mort a été vaincue une fois pour toutes dans l’histoire de l’humanité. Se révèle, désormais, offert à tous, l’avenir du Christ, bonne nouvelle de l’espérance que Dieu nous donne (5). En Christ, Dieu n’a pas désespéré mais a tant aimé notre monde ; ce monde pourtant si abîmé mais capable d’accueillir la rédemption de l’amour et la vie éternelle. La Résurrection est la faille ébranlant les murs de l’absurde et de la désespérance qui se dressent entre les hommes. L’espé­rance chrétienne : jamais la Croix sans la Résurrection, jamais la Résurrection sans la Croix ! Ainsi est tracé le chemin d’espérance dont témoigne l’Église depuis le matin de Pâques : « Par la résurrection du Crucifié, une brèche est faite dans les limites où se brisent toutes les espérances humaines, et c’est là que la foi peut et doit s’élargir en espérance. (6) »

Espérer en « grande espérance »

« Tout le monde espère. L’espérance est contenue dans le cœur de chaque personne comme un désir et une attente du bien, bien qu’en ne sachant pas de quoi demain sera fait. (7)» Espérer, bien sûr, appartient au quotidien de notre vie – avec de petits espoirs et de grandes espérances, selon l’histoire de chacun – et il est juste, en bien des situations, heureuses ou dramatiques, d’oser une parole ou un acte d’espérance. Le dernier concile – Vatican II – souligne, dans les premières lignes de sa réflexion sur la vie de l’Église dans le monde actuel, que les espoirs des hommes de ce temps sont aussi les espoirs des disciples du Christ (8). L’espoir d’un monde meilleur, plus juste, plus durable, plus fraternel habite le cœur des hommes et des femmes de bonne volonté, comme le rappelle souvent l’Enseignement social de l’Église. Espérer met en marche bien des personnes au service des autres et du bien commun : leur espérance ne demeure pas abstraite mais concrète. Les membres de nos communautés en font si souvent l’expérience quand ils participent, avec bien d’autres, à de nombreuses actions au service d’une plus grande fraternité et d’une plus forte solidarité. Espérance et charité ont partie liée, car elles osent porter un regard de respect et de confiance envers l’autre et, plus particulièrement, envers ceux que personne ne regarde plus.

Si l’engagement des chrétiens dans les divers domaines de l’existence et de la société rejoint les nombreux espoirs de leurs contemporains, il trouve ses racines profondes dans cette « grande espérance » fondée en Dieu. Cette grande espérance ne vient pas d’eux-mêmes : ils l’ont reçue du Christ. Elle nourrit leur foi et leur charité. Ainsi, écoutons Benoît XVI : « Nous avons besoin des espérances – des plus petites ou des plus grandes – qui, au jour le jour, nous maintiennent en chemin. Mais sans la grande espérance, qui doit dépasser tout le reste, elles ne suffisent pas. Cette grande espérance ne peut être que Dieu seul, qui embrasse l’univers et qui peut nous proposer et nous donner ce que, seuls, nous ne pouvons atteindre. […] Seul son amour nous donne la possibilité de persévérer avec sobriété jour après jour, sans perdre l’élan de l’espérance, dans un monde qui, par nature, est imparfait. Et, en même temps, son amour est pour nous la garantie qu’existe ce que nous pressentons vaguement et que, cependant, nous attendons au plus profond de nous-mêmes : la vie qui est « vraiment » vie. (9) » Parler de « grande espérance » ne disqualifie pas les autres espérances, mais exprime, au regard de la foi chrétienne, cette espérance unique et indépassable d’une vie éternelle fondée sur la résurrection de Jésus, le Christ.

Témoins d’espérance dans notre diocèse

Catholiques dans les Yvelines, nous sommes présents et attentifs à la diversité de notre département, auprès d’hommes et de femmes très différents tant par leurs âges, leurs conditions matérielles et sociales, leurs cultures, leurs convictions, leurs engagements, leurs religions. Nous cherchons, comme « le sel de la terre » ou « la lumière sur la montagne » (cf. Mt 5, 13-16), à vivre et à annoncer l’Évan­gile auprès de tous. Voyons comment le thème du Jubilé – Témoins d’espérance – vient renouveler nos pratiques et nos engagements : auprès de qui et comment rendons-nous compte de l’espérance que nous portons ? Telle est la question adressée à chacun de nous, telle est aussi la question que nos communautés paroissiales et nos mouvements peuvent accueillir ! Discernons ensemble comment l’Esprit Saint éclaire ce beau défi de devenir ensemble ces témoins de l’espérance que Dieu offre à tous.

Bien sûr, pour relever ce défi de l’espérance, il n’est ni possible, ni souhaitable (!), de passer en revue toute la vie du diocèse dans ses multiples activités pastorales et spirituelles, ses nombreux engagements caritatifs et ses liens variés avec bien des acteurs de la société. Je souhaite donc simplement évoquer quelques lieux significatifs de la vie de l’Église catholique dans les Yvelines ; des lieux porteurs de l’espérance chrétienne auprès du plus grand nombre.

Offrir aux jeunes la force et la joie de l’espérance en Christ

Notre département est l’un de ceux qui possèdent une population jeune importante et nos commu­nautés sont largement investies auprès des jeunes générations. Celles-ci sont soumises, sous divers aspects, à des questions existentielles fortes. Ainsi, il paraît difficile, pour beaucoup, d’envisager l’avenir dans le monde actuel, ce monde marqué, entre autres, par les rudes et complexes questions de la situa­tion de la planète et de la paix mondiale. L’erreur est souvent faite d’opposer l’espérance chrétienne à l’anxiété liée aux questions écologiques – l’éco-anxiété. Le chrétien n’est pas celui qui affirme que tout va bien et que nous serons sauvés par une providence tombée du ciel. Comme l’a bien montré le pape François – dans son encyclique Laudato Si’ – la foi chrétienne rejoint l’espérance écologique en affirmant l’urgence d’agir ! De même, il n’est pas simple, pour des jeunes, de devenir chrétiens aujourd’hui dans une société multiconfessionnelle où la religion est souvent renvoyée à la sphère de la vie privée et où l’Église connaît bien des difficultés. Ou encore, face aux techniques et aux sciences qui semblent vouloir tout régir et donner le sens de l’existence (10), la jeunesse se trouve très seule face à des interrogations nouvelles et essentielles touchant la vie et la mort. L’horizon de notre monde – si beau pourtant, comme les derniers Jeux olympiques – apparait, pour bon nombre, incertain.

Et pourtant, l’Église ne reste pas inactive et l’Esprit souffle ! Les dernières Journées Mondiales de la Jeunesse à Lisbonne, les rassemblements du « Frat » à Lourdes et à Jambville, la grande vitalité du scoutisme dans notre diocèse, le dynamisme des aumôneries et des mouvements de jeunesses, le renouveau des patronages, les initiatives auprès des jeunes de paroisses populaires comme « POP 78 », une vingtaine de séminaristes, etc. sont autant de réalités qui nous invitent à ne pas tomber dans un pessimisme stérile, sans verser non plus dans un optimisme idéaliste ! Demeurent, cependant, bien des jeunes loin de nos cercles ecclésiaux. Comment les rejoindre et leur annoncer notre « grande espérance » ? L’Enseignement catholique, qui accueille une grande diversité d’élèves, s’inscrit aussi dans cette même perspective : « Au service de l’homme et de son éducation, l’Église manifeste qu’elle porte sur toute personne un regard d’espérance. (11) » Le Jubilé nous invite à être créatifs et audacieux auprès des jeunes afin qu’ils découvrent que construire son avenir avec le Christ Jésus, c’est construire sur le roc.

Comme ses prédécesseurs, le pape François est très attentif aux jeunes. Il n’hésite pas à les bousculer et à les inviter à devenir acteurs dans l’Église et dans le monde. Ainsi, suite au Synode sur la jeunesse, il s’adresse à eux et va à l’essentiel : « Il vit, le Christ, notre espérance et il est la plus belle jeunesse de ce monde. Tout ce qu’il touche devient jeune, devient nouveau, se remplit de vie. Les premières paroles que je voudrais adresser à chacun des jeunes chrétiens sont donc : Il vit et Il te veut vivant ! (12) » La rencontre avec le Christ ressuscité est source d’une vie ancrée dans une véritable espérance : telle est la route à tracer, jour après jour, dans l’accompagnement des jeunes. Dans la Bible, l’espérance ne va pas directement du présent au futur. Le peuple d’Israël part du présent pour aller vers le passé (13). On rappelle l’action de Dieu : il a déjà sauvé son peuple. La mémoire du Salut est racontée par les anciens aux plus jeunes générations. Puisque Dieu est déjà intervenu dans le passé, il a ouvert l’avenir venant nous rencontrer dans notre présent. La messe est cette mémoire du futur. Nous racontons la mort et la Résurrection de Jésus. Ce récit prend corps dans le présent. Il fait un Corps de tous ceux le recevant dans la foi. Célébrant ensemble la messe, nous devenons le Corps du Christ crucifié ressuscité. Il est formé de tous les âges, cultures, sensibilités. Les jeunes ont besoin de recevoir des anciens le récit des actions de Dieu dans leurs vies, dans le monde, dans l’Église. Les anciens ont mission de leur transmettre cette mémoire d’espérance. Ainsi « si nous savons écouter ce que nous dit l’Esprit, nous ne pouvons pas ignorer que la pastorale des jeunes doit toujours être une pastorale missionnaire. (14) »

Espérance et Charité

L’espérance met en marche la charité ! C’est elle, comme écrit Charles Péguy, qui tire en avant sa grande sœur, la charité (15)! Poser un regard d’espérance sur l’autre, ne va pas sans lui tendre la main, même s’il a perdu espoir. Si Dieu n’a pas désespéré de l’humanité et lui a ouvert un avenir et la vie, alors oser espérer en l’autre, ou pour l’autre, demande un regard qui ne juge pas définitivement, qui ne cherche pas à tout expliquer, qui sait bien qu’il ne faut jamais réduire l’autre à ses actes parce que demeure toujours en lui la dignité d’un être créé et aimé de Dieu. « L’homme a pour Dieu une valeur si grande que Lui-même s’est fait homme pour pouvoir compatir avec l’homme de manière très réelle, dans la chair et le sang, comme cela nous est montré dans le récit de la Passion de Jésus. De là, dans toute souffrance humaine est entré quelqu’un qui partage la souffrance et la patience ; de là se répand dans toute souffrance la consolation de l’amour qui vient de Dieu et ainsi surgit l’étoile de l’espérance… (16) »

Si la charité – l’amour – « espère tout » (1 Co 13, 7), alors il devient possible pour les disciples du Christ, avec d’autres, d’être présents dans les lieux de solitude et de souffrance, d’être capables d’aller à la rencontre des personnes vivant des précarités de tous ordres, d’être à l’écoute de ceux et celles qui se voient abandonnés et en marge de la société, d’être proches de ceux qui sont loin de leurs pays, d’être un soutien pour ceux qui réclament justice quand ils ont été abusés ou malmenés… Nombreux sont les baptisés engagés dans les Yvelines en ces lieux, apportant simplement, avec ce qu’ils sont et ce qu’ils ont, un peu de réconfort et d’espérance. Ainsi une famille logée dans un hôtel social reçoit aide alimen­taire et amitié ; ainsi un détenu sort de sa solitude dans la rencontre d’un visiteur ; ainsi une personne malade reçoit le sacrement des malades et une parole d’espérance ; ainsi ce sans-domicile-fixe trouve le réconfort au cours d’une maraude… Ainsi, dans notre diocèse, le Jubilé de l’espérance peut se déployer en apportant une flamme nouvelle pour mieux conjuguer charité et mission, espérance et solidarité, accueil de tous et soin de chacun. Bien des instances caritatives dans les Yvelines travaillent à cela et, sans les énumérer – ce serait trop long… et c’est une bonne chose ! –, elles peuvent susciter de nouveaux engagements chez les jeunes comme chez les moins jeunes afin que notre Jubilé soit celui de l’espérance et de la charité.

Des témoins et des communautés d’espérance

Il est bon que l’animation du Jubilé soit portée par une équipe nombreuse et dynamique dans notre diocèse. Il est important aussi que localement chaque paroisse puisse entrer dans cette démarche spirituelle : comment le Jubilé pourra-t-il être vécu comme une belle expérience communautaire ? Témoigner de l’espérance n’est pas une affaire personnelle et ne peut se vivre sans les autres, loin de la communauté. Voici un beau projet de travail pour les Équipes d’Animation Paroissiale et les Conseils Pastoraux ! Partager la même espérance, c’est vivre ensemble la dynamique synodale qui anime l’Église : le Jubilé est bien l’affaire de tous. Comme le remarque Emmanuel Durand, méditant les psaumes : « Alors que le psalmiste s’adresse à Dieu à la première personne, il pose finalement Israël et non son propre « je » comme le sujet ultime de l’attente. Espérer ne se réduit jamais à un acte simplement individuel. Nous appartenons à des communautés d’espérance et il revient par vocation d’espérer pour d’autres, voire pour nous. (17) »

Témoins d’espérance, il faut également nous laisser guider par la grande boussole de la foi qu’est la liturgie. Au cœur de la vie paroissiale, les baptisés rassemblés portent dans leurs prières les espoirs des hommes et des femmes de ce temps. Dans la célébration des sacrements, ils annoncent l’espérance acquise pour tous par le Christ ressuscité. Aussi, le baptême et l’eucharistie manifestent de manière très explicite le salut que nous confessons dans la foi et l’espérance et que nous annonçons à tous dans la charité.

Le baptême – commencement de tout (C. Péguy) – est le sacrement qui nous plonge définitive­ment dans la vie nouvelle et divine acquise par la mort et la Résurrection du Christ. C’est l’ultime naissance… c’est l’espérance « brute de décoffrage » si l’on se permet cette expression claire mais fort peu théologique. Dit autrement : « Dans le Baptême, ensevelis avec le Christ, nous recevons en Lui, ressus­cité, le don d’une vie nouvelle qui brise le mur de la mort et en fait un passage vers l’éternité. Et si devant la mort, séparation douloureuse qui nous oblige à quitter nos affections les plus chères, aucune rhétorique n’est permise, le Jubilé nous offrira l’occasion de redécouvrir, avec immense gratitude, le don de cette vie nouvelle reçue dans le Baptême, capable de transfigurer le drame de la mort. (18) » Baptisés, quelle est notre espérance ? Redécouvrir la dimension baptismale de notre vie chrétienne, c’est redécouvrir le don de Dieu et l’avenir du Royaume instauré par le Christ ressuscité. Telle est l’espérance que nous annon­çons aux parents pour leurs enfants – et pour eux-mêmes –, et aux catéchumènes, jeunes et adultes, qui viennent demander le baptême.

La communauté qui célèbre la Cène est une communauté en attente – « Amen ! Viens, Seigneur Jésus ! » (Ap 22, 20) – cherchant la communion avec le Seigneur qui vient. Dans la célébration du sacrifice et du mémorial de la mort et de la Résurrection du Seigneur, nous annonçons le Christ vivant et nous attendons sa venue définitive : « Chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne. » (1 Co 11, 26) L’eucharistie nourrit et affermit notre espérance comme « pain de la résurrection », selon la promesse de Jésus, lui-même, le « Pain de vie (19) », « lui qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux. » (Ph 3, 21) Nous entrons également plus profondément dans le mystère de l’Église où « nous ne formons qu’un corps car tous nous avons part à un pain unique. » (1 Co 10, 17) L’eucharistie est le sacrement de l’espérance ecclésiale : l’Église, Corps du Christ, se construit de jour en jour dans la confiance en son Seigneur qui ne l’aban­donne pas, même au cœur des tempêtes (cf. Mt 8, 23-36).

N’oublions pas que le temps du Jubilé est un temps pour Dieu, en laissant un peu de jachère dans notre vie, pour y voir le travail de l’Esprit. Vivons ainsi le dimanche ! « La redécouverte de ce jour est la grâce à implorer, non seulement pour vivre pleinement les exigences propres de la foi, mais aussi pour donner une réponse concrète aux aspirations les plus vraies de tout être humain. Le temps donné au Christ n’est jamais un temps perdu, mais plutôt un temps gagné pour l’humanisation profonde de nos relations et de notre vie. (20) »

Dans la vie des paroisses, un lieu fort et essentiel de l’annonce de l’espérance chrétienne, est l’accom­pagnement des familles en deuil et la célébration des obsèques. Beaucoup de baptisés – hommes et femmes de foi, formés et accompagnés – accueillent ainsi les proches des défunts ayant demandé des funérailles à l’église. Ces familles sont confrontées, souvent de manière très rude, à la mort d’un être aimé. Pour beaucoup, se trouver face à la mort, cette « grande inconnue » qui fait peur et qu’on écarte si facilement de son propre horizon, constitue une expérience difficile et douloureuse. En ces moments de deuil, les personnes se sentent très seules, avec des questions lourdes à porter : que se passe-t-il après la mort… Jésus est-il vivant… quel est le sens de notre existence ? L’Église, en les accueillant, leur manifeste son soutien et sa compassion. Sans nier la dureté et, parfois, le scandale de la mort, elle leur propose, à travers la préparation de la célébration des obsèques de leur proche, de découvrir ou d’approfondir la foi et l’espérance des chrétiens. Il s’agit alors de trouver un chemin simple et respectueux pour leur annoncer le Christ mort et ressuscité, en qui est fondée la « grande espérance » et l’avenir de leur défunt : c’est bien Lui, le Vivant, qu’on priera et célèbrera à l’église, lors des funérailles. En ce sens, nos communautés chrétiennes sont des communautés d’espérance dans notre société, annonçant que la mort n’est pas le dernier mot de l’existence humaine.

Dans cette même perspective, et bien au-delà, le Jubilé est aussi un appel du Seigneur à vivre plus fortement le dialogue œcuménique car toutes nos communautés sont toutes appelées à être ces communautés d’espérance témoignant de la même foi au Christ ressuscité. Allons même plus loin : l’œcuménisme est source d’espérance dans le travail incessant de dialogue et de recherche (21) au service de la construction du Corps du Christ. Dans notre monde déchiré, l’unique témoignage des disciples du Christ, capables d’être unis dans l’annonce d’une même et seule espérance, constitue un signe fort. Ensemble, ils affirment que l’espérance ne déçoit pas !

La Mission, acte d’espérance

« La mission n’accomplit aujourd’hui son service que lorsqu’elle inocule aux hommes le virus de l’espérance. Éveiller une espérance vivante, prête à agir et à souffrir, et tournée vers le Royaume de Dieu qui vient sur la terre pour la transformer, c’est à cela que sert la mission : c’est l’affaire de tous les chrétiens.(22) » Si le Jubilé est un temps de conversion, il est aussi un temps de renouveau pour les disciples missionnaires que nous sommes et pour les communautés que nous formons, convoquées par le Christ à porter l’Évangile ici en Yvelines.

Dans l’Évangile, avec la venue de Jésus, le Règne de Dieu advient. Et le Règne de Dieu est devenu évident au regard de Jésus. Lui seul voit clair : le Règne de Dieu est en train de se lever ! Ainsi le Fils de l’homme, accomplissant sa mission de salut, porte autour de lui un regard d’espérance. Il appelle alors ses disciples à regarder avec des yeux neufs car le Royaume s’est approché (Mt 10, 7) et des temps nouveaux – les derniers – sont inaugurés (cf. Mt 5, 1-12). Tout au long de son ministère, le Christ les invitera à porter un regard d’espérance sur les personnes et sur les situations. Cette espérance doit passer par l’épreuve de la Passion, épreuve si rude, que presque tous abandonneront Jésus au pied de la croix. Certains repartiront chez eux – en chemin vers Emmaüs –, leur espoir déçu (Lc 24, 21). Seul le don de l’Esprit Saint à la Pentecôte apportera aux apôtres la force de retrouver confiance en Celui qu’ils ont suivi et fera renaître en leur cœur l’espérance ouverte par la résurrection du Crucifié. Pour nous aussi, avec la force de l’Esprit, notre mission de baptisés est de regarder avec les yeux du Christ : oser à travers et au-delà des épreuves porter un regard d’espérance sur les signes du Royaume, sur les personnes et sur le monde. Pas de regard missionnaire qui ne soit un regard d’espérance, car évangé­liser est un acte d’espérance !

Écoutons comment le concile Vatican II – boussole pour le xxie siècle (23) – résume le lien étroit entre l’espérance et la mission des baptisés : « La volonté du Père est qu’en tout homme nous reconnaissions le Christ notre frère et que nous nous aimions chacun pour de bon, en action et en parole, rendant ainsi témoi­gnage à la vérité. Elle est aussi que nous partagions avec les autres le mystère d’amour du Père céleste. C’est de cette manière que les hommes répandus sur toute la terre seront provoqués à une ferme espérance, don de l’Esprit, afin d’être finalement admis dans la paix et le bonheur suprêmes, dans la patrie qui resplendit de la gloire du Seigneur.(24) » Raviver la vie et la joie missionnaires de notre diocèse, de nos paroisses et de nous-mêmes à la lumière de l’espérance du Christ pour en être témoins, voilà les fruits de cette année jubilaire que nous demandons à Dieu dans notre prière.

Conclusion

En route, car l’espérance ne déçoit pas (Spes non confundit) !

En l’an 2000, l’Église célébrait le grand Jubilé du second millénaire. En 2025, nous entrons de nouveau dans une année jubilaire. Au cours de ces vingt-cinq années, un même souhait – une même prière – habite le projet des papes pour la vie de l’Église. Saint Jean-Paul II concluait l’année sainte par les mots suivants : « Allons de l’avant dans l’espérance ! Un nouveau millénaire s’ouvre devant l’Église comme un vaste océan dans lequel s’aventurer, comptant sur le soutien du Christ. […] « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit » (Mt 28, 19). Ce commandement missionnaire nous introduit dans le troisième millénaire et en même temps nous appelle au même enthousiasme que celui qui a caractérisé les chrétiens de la première heure : nous pouvons compter sur la force de l’Esprit lui-même, qui a été répandu à la Pentecôte et qui nous pousse aujourd’hui à reprendre la route, soutenus par l’espérance « qui ne déçoit pas » (Rm 5, 5).(25)

De même, le pape François met l’Église en marche en ouvrant ce nouveau Jubilé sur une invita­tion à la confiance et à la patience car « l’espérance ne déçoit pas », reprenant, à son tour, cette parole forte de saint Paul aux Romains. Témoins d’espérance, les baptisés poursuivent leur route sur terre comme pèlerins, forts de la promesse d’avenir que Dieu a donnée par la Résurrection du Crucifié. Temps de pèlerinages, les Jubilés confortent l’Église, « assemblée visible et spirituelle, à faire route avec l’humanité (26) » en témoignant de Celui qui est le Chemin. Nous aussi, nous nous mettrons en marche le 29 décembre 2024 en entrant dans l’année jubilaire, au cours de laquelle nous vivrons le grand rassemblement diocésain du jeudi de l’Ascension, le 29 mai 2025, à Jambville. Je vous y donne rendez-vous !

Prions Dieu pour que nous vivions, tout au long de ce nouveau Jubilé, une année de grâce et de joie :

« Seigneur, Père très saint, aujourd’hui encore, ne cesse pas d’accompagner ton Église au long de son pèleri­nage en ce monde, par la force de l’Esprit Saint, et conduis-la sur les routes de ce temps vers la joie éternelle de ton royaume, par le Christ Notre Seigneur. (27) »

Versailles, le 14 septembre 2024, fête de la Croix glorieuse.

Luc Crepy
Évêque de Versailles pour les Yvelines


 

 1 Pape François, Lettre à Mgr Rino Fisichella sur le Jubilé, 11 février 2024 : https://www.iubilaeum2025.va/fr/giubileo-2025/lettera-di-papa-francesco.html

2 Charles Péguy, Le Porche du Mystère de la deuxième vertu, dans Œuvres poétiques complètes, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de La Pléiade », 1975, p. 527-670.

3 Il est bon de lire la bulle d’indiction du Jubilé : Pape François, Spes non confundit – L’espérance ne déçoit pas. Bulle d’indiction du jubilé ordinaire de 2025, Paris, Éd. du Cerf, 2024 et aussi sur internet : https://www.vatican.va/content/francesco/fr/bulls/documents/20240509_spes-non-confundit_ bolla-giubileo2025.html. Elle exprime le sens profond qu’il souhaite donner à ce Jubilé. Un autre texte magistériel de référence sur l’espérance – cité plusieurs fois dans cette lettre – est l’encyclique de pape Benoît XVI ; Spe salvi – Sauvés dans l’espérance, Paris, Éd. du Cerf, 2007. Pour les théologiens, parmi d’autres, Jürgen Moltmann, Théologie de l’espérance, Paris, Éd. du Cerf, coll. Cogitatio Fidei 50, 1970 pour la traduction française. Plus acces­sible : Emmanuel Durand, Théologie de l’espérance, Paris, Éd. du Cerf, 2024, Pierre Coulange, Saint Paul, apôtre de l’espérance, Paris, Éd. du Cerf, coll. Lire la Bible, 2023.

4 Benoît XVI, Encyclique Spe Salvi, § 2.

5 L’espérance, comme la foi et la charité, est un don de Dieu. Pour cela, ces trois réalités sont appelées vertus « théologales » c’est-à-dire tournées vers l’action de Dieu avant d’être le fruit de nos actions.

6 Jürgen Moltmann, Théologie de l’espérance, p. 16.

7 Pape François, Bulle d’indiction, §1.

8 « Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. » Concile Vatican II, Constitution pasto­rale sur l’Eglise dans le monde de ce temps – Gaudium et spes –,1965, §1.

9 Benoît XVI, Encyclique Spe Salvi, § 31.

10 « Nous vivons l’expérience d’un monde clos. Jamais il n’y a eu tant d’ouvertures – percées de la science dans le plus mystérieux, fulgurantes projections de la technique, mondialisation de la pensée, de la civilisation, ouverture des portes du « cosmos » … et jamais l’homme n’a autant ressenti sa clôture, son enfermement, son impuissance. » : Jacques Ellul, L’espérance oubliée, Paris, Éditions de la Table ronde, 2023 (1972 pour la première édition), p. 16.

11 Statuts de l’Enseignement catholique, 2018, Art. 10. p.12.

12 Pape François, Exhortation apostolique post-synodale Christus vivit, 2019, §1.

13 Le cardinal Aveline médite cela de manière très suggestive dans sa conférence Petite théologie de l’espérance donnée à l’occasion des Rencontres méditerranéennes le 22 septembre 2023 à Marseille : https://eglise.catholique.fr/le-pape-a-marseille-en-septembre-2023-pour-les-rencontres-mediter­raneennes/544673-petite-theologie-de-lesperance-en-mediterrannee-par-mgr-jean-marc-aveline-rencontres-mediterraneennes-de-marseille-en-2023/

14 Pape François, Exhortation apostolique post-synodale Christus vivit, § 240.

15 Charles Péguy, Le Porche du Mystère de la deuxième vertu » p. 540 : « Au milieu de ses deux grandes sœurs [la foi et la charité], l’espérance a l’air de se laisser traîner. Comme une enfant qui n’aurait pas la force de marcher. Et qu’on traînerait sur cette route malgré elle. Et en réalité c’est elle qui fait marcher les deux autres. Et qui les traîne, et qui fait marcher le monde. ».

16 Benoît XVI, Encyclique Spe Salvi, §39.

17 Emmanuel Durand, Théologie de l’espérance, p. 40. 18 Pape François, Bulle d’indiction, § 20.

19 Jn 6, 50-51 : « Le pain qui descend du ciel est tel que celui qui en mange ne mourra pas. Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde.

20 Saint Jean-Paul II, Lettre apostolique sur la sanctification du dimanche Dies Domini, 1998, §7.

21 Saint Jean-Paul II, Encyclique Ut unum sint, 1995, § 102. « Par l’espérance en l’Esprit qui sait éloigner de nous les spectres du passé et les souvenirs doulou­reux de la séparation ; il sait nous accorder lucidité, force et courage pour entreprendre les démarches nécessaires, en sorte que notre engagement soit toujours plus authentique. »

22 Jürgen Moltmann, Théologie de l’espérance, p. 353.

23 Saint Jean-Paul II, Lettre apostolique Novo millennio ineunte, 2001, § 57. « Je sens plus que jamais le devoir d’indiquer le Concile comme la grande grâce dont l’Église a bénéficié au vingtième siècle : il nous offre une boussole fiable pour nous orienter sur le chemin du siècle qui commence. »

24 Concile Vatican II, Gaudium et spes, § 93,1.

25 Saint Jean-Paul II, Lettre apostolique Novo millennio ineunte, §58.

26 Concile Vatican II, Gaudium et Spes, § 40, 2.

27 Cf. Préface de la prière eucharistique pour des circonstances particulières, n° 2.

 

1 Commentaire

  1. Bertrand

    Retour ce jour d’un très beau et enrichissant Pèlerinage à Saint Jacques de Compostelle je découvre l’appel de notre Évêque pour un nouveau Pèlerinage pour vivre l’année sainte de l’année qui vient …
    Quelle Joie de repartir pour continuer de vivre dans L’ESPÉRANCE !
    Merci pour cette BONNE NOUVELLE qu’il nous faut partager entre paroissiens et bien au delà…

    Réponse

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