COMMUNAUTÉ PAROISSIALE DE LA SAINTE TRINITÉ

Connaissez-vous le cap des tempêtes ?

Célébration eucharistique du rassemblement diocésain du Jubilé 2025.
Jambville, 29 mai 2025.
Homélie de Mgr Luc Crepy, évêque de Versailles.

« En 1488, le navigateur portugais Bartolomeu Dias double, au sud de l’Afrique, le cap dit « des Tempêtes ». Il s’aperçoit, alors que le franchissement de ce cap ouvre une nouvelle voie maritime vers de grands horizons alors inconnus… Le cap changera de nom et se nommera Cap de Bonne Espérance. » Passer du Cap des Tempêtes au Cap de Bonne Espérance n’est-ce pas une belle image et un beau programme pour la barque de l’Eglise telle qu’elle est représentée sur le logo du Jubilé ?… Il s’agit bien de traverser les tempêtes pour atteindre les rivages de l’espérance, avec le Jésus ressuscité, qu’il soit à bord en dormant ou en prenant le gouvernail, ou bien qu’il nous attende sur la rive. Oser aller au large avec le Christ, que la mer soit calme ou agitée, c’est vivre une espérance qui ne déçoit pas car nous savons, comme il l’annonce avant de quitter ses amis, qu’il demeure avec nous jusqu’à la fin du monde (Mt 28,20).

Ensemble dans la barque-Église

Ici à Jambville, en ce jour où le Christ ressuscité monte dans la gloire de son Père, nous avons choisi d’embarquer sur notre grande et belle barque diocésaine en gardant le cap sur l’espérance, en route vers les horizons nouveaux où nous conduira le vent de l’Esprit Saint, si nous laissons grandes ouvertes les voiles de notre foi et de notre cœur. Avec vous tous, je me réjouis de vivre aujourd’hui ce grand rassemblement : il est un bel et joyeux évènement pour la vie de notre diocèse, pour chaque paroisse et pour chacun et chacune d’entre nous. Oui, l’Eglise est belle quand elle rassemble, quand elle unit les hommes à Dieu et les hommes entre eux. Jeunes ou moins jeunes, cette journée demeurera dans nos mémoires car nous prenons mieux conscience que la vie chrétienne s’enracine très concrètement sur un territoire avec son histoire et ses habitants – l’histoire et les habitants des Yvelines – ; ensemble, nous formons l’Eglise diocésaine, sur un chemin synodal, avec l’évêque, successeur des apôtres, les prêtres et les diacres, les religieux, religieuses et les consacrés et tout le peuple des baptisés dans leur diversité, leurs richesses et leurs charismes. C’est en Eglise, que nous sommes les témoins de Jésus ressuscité. Il nous envoie, comme les apôtres, proclamer cette Bonne Nouvelle, et nous devenons ces pèlerins d’espérance dont le monde a tant besoin. Ce temps fort, que nous vivons venant de nos paroisses si différentes, nous donne ainsi la joie d’être ce Peuple de Dieu en communion et en marche. Nous nous reconnaissons frères et des sœurs à la suite du « frère universel » qu’est le Christ.

Célébrer un départ ?

Avec toute l’Eglise, nous fêtons aujourd’hui, le Christ ressuscité qui monte au Ciel siéger à la droite du Père. Quel paradoxe que de célébrer un départ ! Mais c’est parce que l’Ascension du Seigneur n’est pas un abandon, une séparation ou un éloignement de nous. Elle est l’accomplissement de sa mission : « il est entré dans le Ciel même, afin de se tenir maintenant pour nous devant la face de Dieu. » (Hb 9,24) Le Fils de Dieu est descendu jusqu’à nous pour tourner nos regards vers le Père, pour nous élever et pour faire monter notre humanité auprès de lui. Il s’est abaissé jusqu’aux profondeurs de la terre pour que nous puissions, à sa suite, prendre le chemin du Ciel. Ainsi, il y a un peu plus d’un an, le pape François, en annonçant le Jubilé, soulignait combien cette grande fête de l’Ascension est au cœur de l’espérance des chrétiens : « C’est le fondement de notre espérance : le Christ est monté au ciel et porte dans le cœur de Dieu notre humanité pleine d’attentes et de questions, pour nous donner la confiance sereine que là où il est, tête et premier-né, nous aussi, ses membres, nous serons unis dans la même gloire. » (Pape François, 09/05/2024)

Jésus, présent autrement

L’Ascension, ce n’est donc pas la grande absence du Ressuscité. Il est inutile, comme les Apôtres, de rester sur place en levant la tête, alors qu’il n’y a plus rien à voir ; de même qu’il n’y avait plus rien à voir dans le tombeau vide ! Non, Jésus désormais auprès du Père est aussi présent à nos côtés. C’est par l’Esprit Saint, envoyé par le Fils et promis par le Père (Lc 24, 49) que nous découvrons et ressentons, aujourd’hui comme hier, la proximité de Jésus ressuscité à nos côtés. Ainsi, nous accueillons avec beaucoup de joie, le témoignage de nos frères et sœurs catéchumènes qui, par cette force de l’Esprit, ont perçu la présence du Christ. Il les a mis en route et leur a fait découvrir combien le Ciel n’est pas si loin puisque le Christ se fait si proche de nous. De même, dans dix jours, j’aurai la grande joie de célébrer la confirmation de près de 400 adultes de notre diocèse ; ce beau sacrement par lequel Dieu leur confirmera son amour et leur donnera la force de suivre son Fils bien-aimé. Avec les centaines de jeunes qui sont aussi confirmés tout au long de l’année, c’est une Pentecôte permanente que nous vivons dans notre diocèse ! La promesse de l’Ascension se réalise : le Christ ne nous abandonne pas et, 2000 ans après, nous découvrons, par l’action de l’Esprit, sa présence, au cœur de son apparente absence.

En mission

L’Ascension n’est pas la fin d’une histoire, c’est le début d’une autre. Loin de rester « là, à regarder le ciel » (Ac 1, 11), il s’agit pour les Apôtres d’aller et, de toutes les nations, faire des disciples (Mt 28, 19). Le Christ ressuscité a besoin de témoins, d’abord ceux qui l’ont rencontré et qui ont vécu intimement avec lui, puis d’hommes et de femmes qui, au cours des siècles, avec la force de l’Esprit Saint, témoignent de sa présence : ce sont les premières communautés chrétiennes et aujourd’hui, c’est nous tous ! Je vous invite aujourd’hui à prendre conscience combien notre diocèse est une belle illustration de cette universalité de l’Eglise, par sa grande richesse de nationalités et de cultures, venant de tous les continents. Oui, l’Evangile peut rejoindre chaque personne, quels que soient son âge, sa condition, son histoire heureuse ou malheureuse. Chaque chrétien, à sa façon, peut et doit être le témoin du Seigneur ressuscité auprès de tous. Nul besoin d’aller bien loin : on peut commencer dans sa rue, dans son immeuble, là où on vit et travaille. Je vous appelle tous, chacun et chacune d’entre vous, ainsi que toutes nos communautés paroissiales, à relever ce défi de la Mission. La Mission est au cœur de la vie l’Eglise car nous avons une Bonne Nouvelle à porter à tous. Le Christianisme s’est toujours développé par attraction. C’est pour cela que le pape François aimait tant à dire que les baptisés sont des disciples missionnaires. Ecoutons les dernières paroles de Jésus à l’Ascension dans l’évangile de Marc : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. » (Mc 16, 15). Le dernier concile rappelle ainsi : « De sa nature, l’Eglise, durant son pèlerinage sur terre, est missionnaire, puisqu’elle-même tire son origine de la mission du Fils et de la mission du Saint-Esprit, selon le dessein de Dieu le Père. » (Ad Gentes, 2) J’invite alors nos paroisses à s’interroger : « Comment sommes-nous des communautés missionnaires, capables d’aller loin, de rejoindre les nombreuses périphéries de notre département ? »

Un trésor à partager

Aujourd’hui, avec vous tous, je constate que l’Esprit Saint souffle fort dans notre diocèse et nous donne de nombreuses forces vives avec les néophytes – c’est-à-dire les adultes baptisés récemment – qui apportent leur enthousiasme et leur dynamisme, forts de leur rencontre avec le Christ. C’est un cadeau du ciel, et je rends grâce avec vous tous pour leur présence et je leur demande de nous aider à renouveler notre annonce de la foi et à ouvrir de nouveaux champs missionnaires : « Vous les néophytes, n’hésitez pas à entraîner votre communauté vers une annonce nouvelle de l’Evangile ! » C’est aussi un appel pour que nous vivions une plus grande communion dans la vie de notre Eglise diocésaine. Dans les prochains mois, tous les diocèses d’Ile-de-France, réunis en « concile provincial », vont travailler ensemble pour mieux accueillir et discerner comment l’Esprit parle à nos Eglises diocésaines à travers l’heureuse venue de tous ceux et celles qui nous rejoignent dans la foi. C’est une belle aventure et un beau défi que nous allons mener, mais c’est surtout un acte de foi en la fidélité du Christ. En ce jour de l’Ascension, la grâce que le Christ donne à son Église, c’est l’espérance. Nous sommes, comme les disciples, embarqués avec le Christ, dans la même barque pour mettre le cap sur l’espérance ! Il nous appelle à jeter nos filets en eaux profondes, sans peur de la tempête, capable de quitter la sécurité de nos propres rivages pour aller là où l’Esprit nous conduira. « Continuons sans fléchir d’affirmer notre espérance, car il est fidèle, celui qui a promis. » (Hb 10,23). Amen.

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