COMMUNAUTÉ PAROISSIALE DE LA SAINTE TRINITÉ

Qu’est-ce qui fera vraiment plaisir à notre papa du ciel ?

Il nous arrive, parfois, de faire des cadeaux en imaginant que ce que l’on va offrir va faire plaisir à celui à qui on l’offre… mais on tombe à côté. Alors pour contrer cela, on demande à l’autre ce qui lui fera plaisir. Mais subséquemment, l’effet surprise du cadeau tombe à l’eau. Et c’est dommage…

C’est assez terrible à Noël (déjà que cette course aux cadeaux est assez… bon… je me tais…), quand tout le monde passe sa commande et qu’on a, au pied du sapin, ce que l’on a commandé. Pas de surprise ! pas d’émerveillement !

Eh bien le pauvre Abraham fait pareil… Dieu lui demande d’aller lui offrir quelque chose sur la montagne, il attend des précisions sur la demande et comme elle ne vient pas, il se dit : « bon, bah, ya ka faire comme pour tous les dieux : couic le fiston… ! ». Quelle horreur !

Il faut dire que Dieu n’avait pas été très précis !

Effectivement, il y a un jeu de mots en hébreu qui nous échappe en français : « Fais monter ton fils sur la montagne pour faire monter ». La traduction habituelle est défaillante. Faire monter : « ola », c’est le vocabulaire du sacrifice (qui monte vers le ciel par carbonisation !).

Mais dans le texte hébreu, Dieu ne dit pas ce qu’il va falloir faire monter (sacrifier) une fois qu’Isaac sera monté (sur la montagne).
Bref, Abraham a projeté sur Dieu ce que sa culture lui disait de Dieu. Alors que s’il avait un peu relu son histoire, il aurait vu que Dieu donne et ne reprend jamais, que Dieu est fidèle en promesse. Et donc il aurait cherché ailleurs et il aurait vu l’animal dans le buisson. Mais comme ça prend du temps, hop ! on duplique ce qu’on sait déjà faire.

Pour notre carême, il en va de même. Avons-nous juste dupliqué les mêmes efforts que tout le monde ? Avons-nous repris nos habitudes de chaque année, ou alors nous sommes-nous posé la question : qu’est-ce qui va faire vraiment plaisir à mon papa du ciel ?

Pas la peine de demander à Dieu… il ne va pas nous répondre sur WhatsApp…

Mais, en revanche, si nous prenons le temps d’écouter Jésus, comme le Père nous le demande, nous pourrions entrer dans la pensée du Père grâce à celui qui le connaît le mieux.

Et vraiment, plutôt que de lui offrir nos tablettes de chocolat ou nos sacrifices trop humains, nous comprendrions que ce que nous avons de plus beau à lui offrir, c’est nous-même, par son Fils, l’agneau véritable qu’Isaac cherche.

Cherchons donc comment nous offrir véritablement, et pas qu’avec de pieux sentiments…

Rendez-vous non pas au pied du sapin, mais au pied de la croix dans un mois, avec nos cadeaux pour le moment de l’offrande au Père.

Bon et saint carême dans la nouveauté de ce que Dieu attend de nous, vraiment !

Benoît+

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