Lors du récent pèlerinage en Jordanie que j’ai eu la joie d’accompagner, nous avons marché en terre de Moab. Nous avons pu y faire mémoire de l’épisode savoureux de Balaam, embauché pour maudire les tribus d’Israël qui passaient par là pour aller en Terre promise. Vous le savez, cet excellent spécialiste essaie plusieurs fois de faire cette œuvre de malédiction, mais c’est plus fort que lui… il bénit, provoquant immanquablement la fureur des rois de Moab, ses employeurs (Cf. Livre des Nombres).
La question de la bénédiction n’est pas une petite question. Jacob va user de subterfuge pour s’approprier la bénédiction de son père Isaac, et Esaü est désespéré de voir celle-ci lui échapper. Comment vivre sans bénédiction ?
Bénir, c’est se tourner vers Dieu source de toute vie, pour le remercier pour ses dons multiformes, et dire du bien de lui et de ceux pour qui on prononce la bénédiction. Ainsi eux-mêmes étant placés sous le regard bienveillant de Dieu, pourront faire du bien.
Puissions-nous vivre cette année sous le signe de la bénédiction ! Non pas de la superstition, non pas de la haine et du repli sur soi, non pas de l’indifférence, mais de la bénédiction !
Puissions-nous en permanence, tourner nos regards vers Dieu, et vers nos frères et sœurs, pour demander pour eux – ceux que nous aimons comme ceux que nous n’aimons pas ! – les grâces de Dieu.
Cette nouvelle année a commencé liturgiquement le 1er janvier, à la messe, par l’écoute de la bénédiction sacerdotale du Livre des Nombres.
Je ne peux que reprendre ces mots si importants pour chacun de vous et pour notre monde assoiffé de bienveillance, de justice et de paix.
“ Que le Seigneur te bénisse et te garde !
Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’Il te prenne en grâce !
Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’Il t’apporte la paix !”
Soyez bénis par le Béni ! Bonne et sainte nouvelle année.
Benoît+



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