COMMUNAUTÉ PAROISSIALE DE LA SAINTE TRINITÉ

Plantés en terre et ancrés dans le ciel

Il ne vous aura pas échappé que le symbole de l’espérance qui nous accompagne durant toute cette année jubilaire, est l’ancre de marine. Celui qui est rempli d’espérance ne se laisse pas dériver par les flots tumultueux de la vie. Il sait en effet que sa vie a du sens et que malgré les vents contraires, sa vie a un but.
Il ne vous aura pas échappé non plus, que l’ancre ressemble étrangement à une croix. Et pourtant, à vues humaines, n’y a-t-il rien de plus désespérant qu’une croix, signe de douleur et de mort ?

C’est tout le paradoxe de notre foi. En voulant terrasser Jésus sur la croix, le démon voulait indiquer à tout homme, que suivre Dieu n’a pas de sens, que le projet de Dieu n’a pas de sens, et qu’inexorablement notre vie est sans but, vouée à l’écroulement et au néant. Mais c’est lui, l’adversaire, qui est vaincu puisque Jésus fait, de sa mort, un acte d’amour suprême qui triomphe des ténèbres et ouvre le chemin du ciel.

Dans ce mystère pascal, dans cette passion qui ouvre à la résurrection, Jésus nous redit que seul l’Amour donne du sens à la vie, qu’il en est la source, le chemin, et l’achèvement.

Là où l’homme aime et là où il se laisse aimer, la vie triomphe et s’accomplit.

La croix de Jésus, bien plantée en terre est comme un derrick qui va chercher en profondeur la source vive de la vie, elle est comme le pivot de la terre qui lui permet de tourner sans se perdre, elle est comme ce mât auquel nous pouvons nous accrocher dans les tempêtes de la vie, face aux tentations du mal, comme Ulysse face aux sirènes.

Mais la croix de Jésus, si elle est bien plantée en terre, nous ancre aussi dans le ciel.

Par sa vie donnée, le Fils de Dieu nous fait accéder au cœur de son Père, notre Dieu créateur. Et ancrés dans ce cœur nous sommes remplis de confiance. « Rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ notre Seigneur » (Romains 8,39)
Alors, que cette semaine sainte nous enracine, nous ancre toujours plus dans notre vocation humaine, dans le projet de Dieu, et nourrisse notre espérance.

Et que par l’espérance, nous puissions davantage vivre l’amour et la foi, les deux autres vertus théologales. Que ce mystère pascal, nous aide à vivre ce que nous avons à vivre ici-bas, et nous fasse déjà goûter les joies du ciel.

Belle et sainte semaine, belle marche à la suite du Crucifié vers la vie éternelle.

Soyez bénis

Benoît+

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