COMMUNAUTÉ PAROISSIALE DE LA SAINTE TRINITÉ

Lettre aux parlementaires

(Ceci est un modèle à personnaliser et à envoyer de préférence à notre députée de la 6ème circonscription des Yvelines Natalia Pouzyreff et éventuellement aux sénatrices et sénateurs des Yvelines)

Madame la Députée (Madame/Monsieur la/le Sénatrice/Sénateur),

Je m’adresse à vous pour vous alerter solennellement sur les graves dérives qu’implique la proposition de loi introduisant dans la législation française un « droit à l’aide à mourir ». Derrière une apparente volonté de compassion et d’encadrement, ce texte opère un retournement radical : il introduit légalement la possibilité de tuer – par suicide assisté ou euthanasie – en bouleversant profondément les fondements de l’éthique humaine.

  1. Aider à mourir = Tuer

Le vocable choisi – « aide à mourir » – masque la nature véritable de l’acte : l’administration volontaire d’un produit létal. Il dénature les mots pour désamorcer la gravité morale de l’acte. La Haute Autorité de Santé le qualifie elle-même de source de confusion éthique. Qualifier une mort administrée de « naturelle » est une contrevérité qui vise à anesthésier les consciences et affaiblir le débat public.

  1. Tuer n’est pas soigner

L’intégration de l’aide à mourir dans le Code de la santé publique constitue un dévoiement de la médecine. Elle heurte frontalement le serment d’Hippocrate et le principe fondamental du soin, qui vise à soulager, sans jamais tuer. De nombreux soignants expriment leur désarroi : être chargés de provoquer la mort d’un patient constitue une transgression radicale de leur mission, et risque d’instaurer une culture de la mort là où la médecine s’est toujours construite comme un service de soin à la vie.

  1. Tuer en 48H chrono sans appel

Le texte actuel permet à un seul médecin d’autoriser un acte létal, sans procédure collégiale, ni évaluation psychiatrique. La Haute Autorité de Santé, dans ses avis successifs, insiste pourtant sur la nécessité absolue d’un discernement partagé, pluridisciplinaire, long et encadré. Le délai d’instruction de 15 jours suivi, le cas échéant, d’un délai de réflexion de seulement 48 heures – voire moins – va à l’encontre de tous les standards internationaux. Cette précipitation est indigne d’une décision irréversible et de la gravité de l’enjeu.

  1. Tuer les faibles, fardeau de la société

L’instauration de ce « droit » risque d’exercer une pression sourde mais réelle sur les personnes âgées, malades ou en situation de handicap. La seule existence d’une telle option peut induire chez des patients une culpabilité toxique – celle d’« être un fardeau ». Dans les pays où l’euthanasie a été légalisée, les demandes ne cessent d’augmenter, et on observe une baisse inquiétante de l’investissement dans les soins palliatifs. Ainsi la promesse d’un accompagnement digne tend à s’effacer derrière une option terminale présentée comme solution.

  1. Tuer la fraternité, pour ma liberté absolue

La loi proposée consacre l’autonomie individuelle au détriment des liens familiaux et sociaux. Elle érige l’autodétermination individuelle en absolu en écartant toute information ou consultation de proches, de l’équipe soignante, et tout accompagnement spirituel ou psychologique. Ce faisant, elle ne tient aucun compte de la dimension relationnelle et interdépendante de l’existence humaine. Ce choix solitaire risque fort d’occasionner des traumatismes et de blessures durables, notamment dans le cas d’une découverte a posteriori du décès d’un proche aidé au suicide ou euthanasié.

Face à cette rupture anthropologique, je vous appelle à faire preuve de discernement.

Légaliser la mort administrée ne sera pas un progrès, mais une régression éthique, sociale et médicale.

Investir dans les soins palliatifs, la formation à l’écoute, l’accompagnement global des personnes jusqu’à leur mort naturelle sera choisir l’humanité contre l’inhumain, le lien social contre l’abandon, le soin contre le meurtre, l’espérance de vivre contre l’angoisse de mourir.

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