Le Temps Pascal, continuation de la célébration de la résurrection du Christ, nous aide à approfondir la joie d’être sauvés, et à célébrer, jour pour jour, la présence vivante du Christ ressuscité à nos côtés, dans notre vie et dans notre monde. C’est un temps de joie et de lumière, car nous sommes déjà dans l’attente d’une effusion de l’Esprit Saint lors de la Pentecôte. Ce serait donc un regrettable appauvrissement, que de réserver la célébration de l’Esprit Saint pour seulement la Pentecôte. Même si, dans notre liturgie romaine, la mention de l’Esprit n’est pas toujours explicite pendant ce Temps Pascal, l’Esprit Saint y est omniprésent.
Jésus est ressuscité par l’Esprit Saint (cf. Rm 8,11). Depuis sa résurrection, Jésus est “spirituel”, non spiritualisé dans le sens d’évaporé ; Il est dans l’Esprit Saint. Son humanité a été transformée par l’Esprit : le corps de misère soumis à nos limites (fatigue, souffrance, localisation…), échappe maintenant aux lois de la biologie, du temps et du lieu. Il est tout autre. Nous utilisons le mot biblique « glorieux », mais la description du Christ de gloire est impossible, car toutes nos données sont terrestres, alors qu’Il est céleste. Mais ce qui importe c’est de savoir qu’Il nous est présent, proche, et particulièrement dans l’Eglise, de telle sorte que quiconque l’accepte dans la foi, le reçoit tout entier. C’est cela l’œuvre de l’Esprit.
Dès le soir de Pâques, Jésus donne son Esprit aux disciples (cf. Jn 20,22). Nous sommes donc, nous aussi, dès la résurrection de Jésus, dans le temps de l’Esprit. Si la Pentecôte est le jour où l’Esprit descendit en langues de feu sur les apôtres, cela veut dire que l’Esprit, déjà reçu à Pâques, se manifeste d’une façon éclatante ; la tempête, le feu et le don des langues en sont les signes. Ce qui était, à Pâques, dans le bourgeon, éclate maintenant dans le fruit.
C’est pendant ce Temps Pascal que peut renaître, dans nos communautés chrétiennes, le sens de l’Esprit Saint. Parent pauvre de la spiritualité latine, Il est pourtant omniprésent dans cette période centrale de l’année liturgique. Le mot Pentecôte : cinquante jours, ne dit-il pas, à sa façon, que pendant ce temps, nous sommes dans la fête de l’Esprit ? Cet Esprit travaille nos cœurs d’une façon plus intensive pendant cinquante jours. N’attendons pas le dernier pour en prendre conscience.
Notons-le bien : si le Temps Pascal est le Temps de l’Esprit Saint, il est, par conséquent, le temps par excellence de la conversion et de la mission. En effet, la venue de l’Esprit signe la nouvelle alliance de Dieu avec les Hommes, et inaugure le temps de l’évangélisation avec la présence aimante à nos côtés du Ressuscité :
« Allez ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 19-20).
Père Justin



L’action de l’Esprit-Saint ne peut pas être l’affaire d’un seul instant ; c’est un long chemin dans la confiance, dans l’espérance dont l’aboutissement à la Fête de la pentecôte n’est encore qu’un nouveau recommencement pour aller toujours plus loin – j’ai essayé de l’exprimer en peinture, tableau que je ferai bénir sous peu, pour être déposé à la chapelle Sainte-Cécile si tel est le désir de la Paroisse – Marie-Renée