La fête de la Pentecôte qui clôt le temps pascal, nous fait entrer dans le temps ordinaire. C’est le temps de l’ordinaire de nos vies que nous vivons dans le souffle de l’Esprit-Saint : pneuma en grec, qui se traduit par souffle, vent ou esprit.
Parfois appelé temps de l’Église, le temps ordinaire est un temps liturgique représentant une fraction de l’année liturgique catholique. Il s’agit de la période obtenue en retranchant les temps forts de l’Avent et de Noël d’une part, du Carême et de Pâques d’autre part. L’expression latine qui le désigne est le tempus per annum (le temps le long de l’année). Même si l’on n’insiste pas sur le sens péjoratif du mot ordinaire, même si la couleur verte des ornements évoque la nature bucolique et le beau temps, un temps ordinaire ce n’est pas très stimulant. On n’est pas loin de la routine et donc de l’ennui, et de l’envie d’aller voir ailleurs.
« Soyez dans la Joie et l’Allégresse ! » est le titre d’une Exhortation du Pape François. Pour l’expliquer, le Pape utilise une citation de Léon Bloy : « Dans la vie il n’y a qu’une tristesse, c’est de ne pas être des saints ». Pourquoi ne pas employer ce temps qui nous est donné, à devenir des saints ? Nous sommes tous appelés à être des saints en vivant avec amour et en offrant un témoignage personnel dans nos occupations quotidiennes. Dans cette constance à aller toujours de l’avant, je vois la sainteté de l’Église militante. Puissions-nous laisser la grâce de notre baptême porter du fruit dans un cheminement de sainteté. Et le Pape de nous donner des pistes pour viser la sainteté dans le monde actuel : endurance, patience et douceur, joie et sens de l’humour, audace et ferveur. Tout un programme, ou mieux un état d’esprit. Il ajoute, bien entendu, l’amour fraternel et la prière, mais notons qu’il ne mentionne pas de tenir de beaux discours, ni de brandir des bannières.
Alors ce temps après la Pentecôte pourrait être bien occupé, bien vivant, bien rempli, et très riche.
Si, comme Pascal l’écrit magnifiquement dans les Pensées, nous nous employons chaque jour à « faire les petites choses comme grandes, à cause de la majesté de Jésus-Christ qui les a faites en nous et qui vit en notre vie, et les grandes comme petites et aisées, à cause de sa toute-puissance », pourrons-nous encore mésestimer le temps ordinaire ?
Me souvenant que Jésus désigne l’Esprit-Saint comme l’avocat qui plaide en nous la cause de Jésus en nous rappelant ce qu’Il a dit, j’aime et prie régulièrement cette belle prière (Séquence de la Pentecôte) « Viens Esprit-Saint … père des pauvres … guéris ce qui est blessé, réchauffe ce qui est froid en nous, assouplis ce qui est raide, redresse ce qui est tordu », en nos vies personnelles comme celle de l’Église, pour que nous soyons les témoins dont tu as besoin.
Bon temps de l’ordinaire de nos vies
Père Justin



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