COMMUNAUTÉ PAROISSIALE DE LA SAINTE TRINITÉ

Chemin de Croix de Saint-Léger

Le chemin de Croix de Roger-Calixte Poupart est installé à Saint-Léger. Un grand merci à Christine qui l’a restauré et qui nous partage l’histoire de cette oeuvre que l’on peut recevoir comme un chemin d’espérance.

Peintre, dessinateur, graveur, maître verrier, Roger-Calixte Poupart naît à Lyon en 1911. En 1925, il entre à l’école des Beaux-arts de Lyon. Il y décroche un 1er Prix de peinture, puis entre à l’Ecole des Beaux-arts de Paris en 1929. Pendant 8 ans, il se forme auprès de peintres et maîtres fresquistes.

En 1936, il réalise une fresque du Christ en Croix à l’Ecole nationale des Beaux-arts. Il participe à l’Expo universelle de Paris l’année suivante, puis à l’Expo internationale de New-York en 1938. Entre temps, il reçoit le baptême. Dès lors, sa quête spirituelle ne cessera d’investir son œuvre de façon absolue.

En 1943 à Chaumont, au cœur du chaos, il grave sur bois un Chemin de Croix. Ce faisant, il se plonge lui-même dans l’abîme de la Passion du Christ. La douleur, l’agonie, traversées par le monde d’alors, l’étreignent de manière poignante.

La technique même de la gravure à taille d’épargne qui révèle par contraste toute la puissance du noir et blanc invite, au-delà de la violence de la narration, à une méditation sur l’espérance.

Roger-Calixte Poupart a su saisir toute la souffrance du Christ dans le trait brut de ses gouges et burins, mais, plus encore, il a su laisser entrevoir la puissance de l’espérance du salut. Les estampes seront imprimées le 7 avril 1944, vendredi Saint. La date ne doit rien au hasard. Elle précède Pâques, jour de la résurrection du Christ. Après avoir suivi tout le chemin de Croix, remarquons la 14ème et dernière station : la déposition au tombeau. La part d’ombre s’est ici progressivement retirée au profit de celle de la lumière. Elle est sous-titrée par le verset de l’évangile de Jean « Ayez confiance. J’ai vaincu le Monde » (Jn XVI, 33).

Artiste discret et rarement exposé, Roger-Calixte Poupart offre à ceux qui le contemplent, un chemin d’espérance, que n’oblitère pas le temps.

Ces gravures ont été redécouvertes fortuitement en janvier 2024 à l’occasion des travaux de réhabilitation du presbytère. Oubliées de tous, il semblerait qu’elles aient été offertes par l’artiste à son ami saint-germanois M. Albert Martine, ami de Maurice Denis, que Roger-Calixte Poupart connaissait également par ailleurs. Décédé sans descendance, il est possible qu’Albert Martine en ait fait don à la nouvelle paroisse Saint-Léger alors en construction.

Tiré à 200 exemplaires, il semblerait que seule l’abbaye bénédictine de Fécamp (Sainte-Trinité) le présente au public dans son intégralité.

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