A cet effet, il est nécessaire de se mettre en route pour un voyage, un voyage en montée, qui exige des efforts, des sacrifices et de la concentration, comme une randonnée en montagne. Ces efforts sont la Prière, l’Aumône et le Jeûne, les trois piliers du Carême. Une telle expérience ne saurait être solitaire. En effet, notre montée vers Pâques est un chemin « synodal », puisque nous le parcourons ensemble, sur le même chemin, comme « Pèlerins d’espérance » et disciples de l’unique Maître, Jésus-Christ.
Le Carême n’est donc pas un temps de tristesse. Mais il nous est donné pour que nous soyons libérés de ce qui nous encombre, de ce qui nous empêche d’avancer à la suite du Christ. Car, tant de poids entravent notre marche ! Nous sommes souvent encombrés d’un tas de choses inutiles voire nuisibles. En ce temps de Carême, le Christ qui nous veut toujours libres et épanouis, nous invite à marcher à sa suite vers sa Pâque, pour qu’avec Lui, nous passions de la mort à la vie, de l’esclavage à la véritable liberté. Ce temps de purification nous est donc offert pour alléger nos cœurs de toutes les illusions et les artifices de ce monde, en nous permettant de mieux aimer le Seigneur et nos frères.
Il n’est pas nécessaire d’aller chercher bien loin ce que nous avons à faire, ou plutôt à vivre. Le Christ lui-même nous propose le programme du Carême : la Prière qui nous permet de remettre Dieu au cœur de notre vie, l’Aumône qui nous offre l’occasion de nous donner (c’est le sens du mot aumône), le Jeûne qui nous libère de toutes nos servitudes. Bref, il s’agit de revenir à l’essentiel : la prière personnelle, la célébration de l’Eucharistie, le sacrement de la réconciliation, la charité vécue en actes, le renoncement volontaire à ce qui nous emprisonne.
Tout sportif sait combien la discipline et l’exigence sont sources de progrès réel. Or, nous le constatons, nous avons bien souvent l’impression de stagner dans notre vie spirituelle, de ne pas vraiment progresser. Et, comme le dit Saint Paul : « Le voici maintenant le moment favorable » (2 Co 6, 2). Une nouvelle chance nous est donnée pour grandir dans la foi, la charité et la liberté. Plutôt que subir ce temps en attendant que ça passe, nous pouvons, au contraire, nous réjouir et choisir de faire ce que nous ne cessons de repousser, faute de temps ou de motivation. Notre paroisse nous a, certes, proposé des moments pour nourrir ce chemin de conversion : célébrations pénitentielles, temps de prière, partages autour de la Parole, et actions de solidarité. Soyons nombreux à y participer, en nous laissant guider par l’Esprit Saint.
Fructueuse montée vers Pâques à tous !
Père Justin



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