COMMUNAUTÉ PAROISSIALE DE LA SAINTE TRINITÉ

Qui enverrai-je ? – Me voici, envoie-moi

J’aime bien cet échange entre Dieu et Isaïe. Dieu sait très bien qui il a envie d’envoyer. S’il est venu visiter Isaïe dans le Temple, c’est bien parce qu’il a le désir de le prendre comme prophète. Mais il ne procède pas par un appel direct. Il laisse son désir rejoindre le désir de cet homme.

Mais pour que le désir surgisse au cœur du jérusalémite, il faut d’abord que Dieu le guérisse de ses peurs. Car la peur empêche l’accès au cœur. Il faut qu’Isaïe soit aussi guéri de ce sentiment d’indignité. « Je n’en suis pas digne » ou « Je n’en suis pas capable » ne sont pas des arguments pour Dieu. C’est lui qui décide qui est digne et capable. Car c’est lui qui nous rend digne et capable. Cela ne vient pas de nous.

Ensuite, Dieu dit son besoin : j’ai besoin d’un prophète pour annoncer un message fait de fidélité de Dieu, d’appel à la conversion, d’alliance…. Bref il a besoin d’un ouvrier pour son royaume.

Il n’a pas besoin de nous (il est le Dieu créateur), mais il veut nous faire grandir en nous employant à sa tâche. Chaque prophète, comme chaque apôtre de Jésus, n’est pas appelé car il est parfait, mais pour grandir en perfection. La mission nous bonifie, nous aide à laisser Dieu agir en nous car sans lui, nous ne pouvons rien. Et laisser Dieu agir en nous, c’est la meilleure chose qui puisse nous arriver.

Alors Dieu dit son désir… j’ai envie d’appeler car j’ai envie d’aimer !

En face il y a des hommes et des femmes. Certains se rendent disponibles, d’autres non…

Ceux qui ne se rendent pas disponibles pour la mission, n’ont perçu ni le besoin de construire le royaume, ni le besoin de se laisser façonner par Dieu. Ils ont d’autres préoccupations… Dommage pour le royaume, dommage pour eux !

Et puis il y a ceux qui engagent leur liberté. « Me voici ». Cette belle réponse est faite lors de l’appel décisif des catéchumènes, lors de la confirmation, lors de l’ordination.

Et ce « me voici » est un acte de confiance. Ce n’est pas « me voici : enfin les choses vont aller mieux grâce à moi car je sais tout, je suis omnipotent ! », mais « je suis disponible. Fais de moi ce qu’il te plaira, là où tu veux, comme tu le veux ». Ce n’est pas un me voici prétentieux et orgueilleux, mais humble et abandonné, prêt à se laisser surprendre !

Puisse notre communauté voir surgir des successeurs d’Isaïe, des femmes et des hommes conscients de l’urgence de la mission, désireux de grandir par elle, libres et sans crainte, humbles et audacieux ! « Qui enverrais-je pour servir la vie ??? » Une réponse mérite d’être donnée.

Benoît+

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