Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure. (Psaume 22)
Chacun gardera de ce carême un moment, une phrase, un passage d’un état à un autre, un combat, une victoire, une interpellation… Pour ma part, ce sera l’extrait d’une méditation partagée avec un groupe de carême sur le livre de Josué. Son auteur disait : « la mort n’est pas la solution ».
Et il était bon de l’entendre cette phrase, dans ce contexte où on peut avoir la tentation de penser que c’est la mort qui triomphe : passage de l’avortement comme un drame intime dépénalisé, à un droit constitutionnel fêté sur grand écran, promesse présidentielle d’une loi dite de fraternité (Ô le bel effet de communication !), pour conduire des personnes souffrantes vers une mort anticipée sur le terme naturel, violences dans nos quartiers à coup de fusils d’assaut, guerres un peu plus loin mais pas tant que cela, suicides de nos agriculteurs…. Bref…. Oui il était bon d’entendre que la mort n’est pas la solution à nos crises, à nos doutes, à nos blessures, à nos traumatismes… elle n’est jamais une bonne solution… sauf….
Sauf quand c’est Dieu lui-même qui l’affronte pour la vaincre.
Voilà ce que nous allons vivre, cette grande et émerveillante semaine : la mort comme solution à toutes les morts… ou plutôt, l’amour, la charité, l’espérance et la foi traversant la mort pour conduire à la vie.
En Jésus crucifié nous comprenons que la mort n’est pas le dernier mot de l’homme : même dans les ravins de la mort, le dernier mot doit rester à la confiance, dans la pratique des vertus théologales.
Puissions-nous avoir le courage de suivre le Christ dans sa passion, et pas seulement de manière liturgique, mais dans les interstices de nos vies, pour rejoindre ceux qui souffrent et qui sont tentés par la mort pour, avec eux, l’affronter et face à son ricanement présomptueux, lui infliger la réponse de l’amour signe de sa défaite.
Comme Pierre le dit dans ses lettres, Jésus nous a marqué le chemin pour que nous allions sur ses traces.
Puissent les chrétiens ne pas être de ceux qui protestent sans rien faire, mais de ceux qui, concrètement, descendent dans les ténèbres, fortifiés par un amour qui les devance et les guide, pour y porter réconfort, aide, tendresse et justice, à ceux que la mort guette comme des proies.
Belle et intense semaine sainte ! Belle victoire avec le Christ dans la puissance de l’Esprit !
Soyez bénis au cœur du combat ! Dieu vous aime !
Benoît+



Merci Benoît. Oui la Vie sera toujours plus forte que la mort !
Merci père pour la profondeur de vos propos. Merci d’être notre curé.
Nous restons en union.